Les Mots : les résumés
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- Quiz et exercices
- Vidéos et podcasts
Le livre commence par la présentation des grands-parents maternels, Charles Schweitzer, professeur d’allemand, et Louise Guillemin, ainsi que leurs enfants, Georges, qui devint polytechnicien, Emile, professeur d’allemand et Anne-Marie, la fille cadette, mère de Sartre. Le grand-père est d’origine alsacienne.
Puis c’est au tour de la famille paternelle, les Sartre, d’origine périgourdine. Le grand-père paternel, un médecin de Pithiviers, eut deux fils, Jean-Baptiste et Joseph, et une fille, Hélène. Officier de marine, Jean-Baptiste Sartre et Anne-Marie Schweitzer se marièrent en 1904, après s’être rencontrés à Cherbourg. Peu après, Jean-Baptiste mourrait, lui laissant un enfant, Jean-Paul. La jeune veuve retourna vivre avec son fils chez ses parents, à Meudon.
Sartre narre sa relation avec sa mère, sous le toit grand-parental, une relation plus proche d’une relation sœur-frère que mère-enfant. Sartre est adoré de tous, et tout particulièrement de son grand-père. La mère et l’enfant sont sous la tutelle de Charles, ce qui les met quasiment au même niveau dans la hiérarchie familiale : Poulou et sa mère sont considérés comme les enfants de la famille. Sa mère est sa « sœur aînée ».
Sans éducation paternelle, l’enfance de Sartre est dominée par son grand-père Charles. Il plaît, il se veut adorable, et tout le monde l’adore. Son objectif est de séduire : il est l’enfant sage par excellence, que tous les adultes admirent.
En 1911, la famille s’installe à Paris.
Sartre évoque sa découverte des livres et de la lecture, à travers la bibliothèque de son grand-père. L’enfant grandit entouré de livres. « J’ai commencé ma vie comme je la finirai sans doute : au milieu des livres» (p.35).
Les livres dans le bureau du grand-père sont des objets
précieux, des « objets saints ».
Les livres ont été son éducation
à la vie. Des classiques, des romans
d’aventures, des livres allemands… Sartre lit tout
mais parfois le sens des mots se dérobe à lui. Il
grandit dans et avec les livres. Il apprend à lire avec
Sans
famille,
d’Hector
Malot. Les livres sont pour
lui la vraie vie.
Sa « religion » : le livre. Sa salle
de jeu : la bibliothèque de Charles, dont il ne
descend que pour sa promenade quotidienne au jardin du
Luxembourg. Les auteurs sont ses amis. Corneille,
Flaubert,
Hugo,
Chateaubriand…
ses camarades, « métamorphosés en
livres ».
Voyant la passion de la lecture qu’a son petit-fils,
Charles le pousse à écrire.
Anne-Marie, contrairement à Charles, pousse son fils à lire des livres de son âge, des livres pour enfants, les livres illustrés, etc. que Poulou se met rapidement à apprécier. A partir de là, Sartre lit en cachette du grand-père ces livres pour enfants, ces « mauvaises lectures », et continue de lire des livres des Belles-Lettres, des livres convenables aux yeux de son grand-père.
C’est seulement à ce moment qu’est évoquée l’école. Inscrit par son grand-père au lycée Montaigne, il est un élève médiocre. L’école représente sa première expérience en dehors de sa famille. « J’étais un enfant prodigue qui ne savait pas l’orthographe, voilà tout. » (p. 65). Après un autre échec à l’école d’Arcachon, Sartre suivra sa scolarité primaire chez lui, avec des précepteurs.
Il est difficile pour l’enfant, qui a grandi entouré d’adultes et de livres, d’être en compagnie d’enfants de son âge. Poulou est un enfant gâté, mais triste, familier de la mort (celle de son père puis celle de sa grand-mère maternelle). De plus, l’enfant est complexé par sa disgrâce physique. Poulou ne vit qu’avec des adultes et pense n’être qu’un objet ; il se demande ce qu’il est « venu foutre sur terre » (p. 73). Il ne cesse de jouer la comédie devant les adultes, mais il vit un grand malaise : il se sent transparent.
Avec sa mère, Sartre découvre le
cinéma muet, dont il sera
fasciné. Mais il est toujours à
l’écart des enfants de son âge : au
jardin du Luxembourg, où sa mère
l’emmène jouer, il se sent exclu et n’arrive
pas à jouer avec les autres enfants présents.
L’exclusion est une grande douleur pour
lui.
Laissé pour compte, il se réfugie dans la
rêverie, s’invente des histoires. Le
cinéma et la lecture l’emmurent dans une grande
solitude et le séparent des enfants de son âge.
L’enfant est seul, emmuré dans une « solitude bourgeoise. » (p. 94). C’est alors qu’il se met à écrire. Cela l’occupe et lui permet de répondre aux attentes de son grand-père.
En vacances à Arcachon, Poulou correspond par lettres, en vers, avec son grand-père. On lui offre un dictionnaire, il devient « versificateur » (p. 116), et joue le rôle de l’écrivain. Ecrire est pour lui une grande joie et aussi un jeu, peu habituel pour les enfants.
Arrivé à l’âge « où l’on est convenu que les enfants bourgeois donnent les premières marques de leur vocation » (p. 126), sa famille le décrète futur écrivain. C’est une vocation imposée. Mais pour le grand-père, on ne peut vivre de sa plume : Sartre doit aussi être professeur. Charles décide donc de l’avenir de Poulou, en l’absence du père. Il sera écrivain et professeur, ce qu’il est réellement devenu. Sartre s’interroge alors sur le rôle qu’a joué son grand-père dans son destin.
Sartre veut arrêter d’écrire et échapper à son destin imposé. Il décide de ne plus écrire, mais l’éducation et la pression familiale sont plus fortes : il se remet à écrire. Il a neuf ans et le langage est son monde.
Poulou rêve d’être un grand écrivain, mais ses rêveries prennent un tour funeste : l’enfant est persuadé que seule la mort de l’écrivain peut l’amener à la gloire.
En 1914, la guerre le prive des ses lectures
enfantines, qui ne sont plus éditées.
En octobre 1914, il commence son premier
roman. Les années de guerre le rapprochent de
sa mère ; il ne la quitte plus. Ce sont les plus
belles années de son enfance.
En octobre 1915, Sartre entre au petit lycée Henri-IV. S’habituant à la « démocratie » (p. 180), il devient un assez bon élève. C’est le bonheur, il est entouré de personnes de son âge. L’école ne lui laisse plus le temps d’écrire. Il fréquente ses camarades, vit comme un enfant de son âge. Il se lie d’amitié avec certains, dont Paul Nizan.
Il mènera alors deux vies : l’enfant sage et modèle, qui joue en famille la comédie de l’enfant modèle, et au lycée, l’enfant épanoui qui se « lave de la comédie familiale ».
A la fin du récit, Sartre analyse son enfance en montrant ce que l’écrivain qu’il est devenu doit à Poulou, et il analyse la façon dont il percevait sa vie quand il était enfant. Son analyse après l’évocation de son enfance : Sartre est un homme comme les autres, avec les autres. Il est guérit de sa « névrose ».
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